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Mardi 3 octobre 2006
Hors de l’Eglise, point de salut...! Cette maxime, trop carrée et facile à retenir a fait le tour du monde. En séparant l’humanité en deux : les baptisés qui avaient un petit espoir d’entrer un jour au paradis et les non-baptisés qui n’en avaient guère, l’Eglise devenait un ghetto. L’Eglise était le royaume de Dieu sur terre. Point barre ! La situation d’aujourd’hui semble à l’opposé. Nous pouvoir voir sereinement que le royaume de Dieu est plus vaste que notre Eglise visible. Le royaume de Dieu "subsiste" dans l’Eglise selon la formule du Concile, mais ne s’y limite pas... Nous entendons enfin cette parole de Paul « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1 tim 2,5) On pourrait se dire que nos anciens avaient perdu un temps la tête, mais que grâce à Dieu, nous voici revenus de toutes ces histoires. Et bien en fait, nous sommes en plein dedans ! Car celui qui a proclamé cette fameuse formule, C’est Cyprien de Carthage. Nous sommes au 3° siècle, une époque en fait bien comparable à la nôtre... Quand Cyprien prononce cette formule, son souci n’est pas le salut de l’humanité, mais ses frères chrétiens qui sont tentés de quitter l’Eglise, ne comprenant plus ses rites et son chemin de foi. "Si vous partez, leur dit Cyprien, vous perdez un trésor, cette arche qui vous permet de ne pas couler dans la vie". Nous sommes bien devant l’encouragement d’un pasteur qui aime les siens et non une formule doctrinale. Notre époque ne semble pas souffrir de cette sortie ! mais si l'on entend bien les bruits de fond, les inconscients de notre époque, de nouveaux let'motivs impérieux prennent place : "qu'il nous faut très tôt cherchez nous mêmes le sens de notre vie, nous faire une place dans la société, construire notre bonheur... ". Il nous faut apprendre à nous vendre, travailler afin de réunir toutes les conditions requises. Et bien, le Christ à ses disciples comme Cyprien à ses fidèles, nous rappelle tout le contraire. C'est Dieu lui-même qui nous donne notre place, c'est l'Eglise, notre mère, qui nous permet de célébrer cette place inconditionnelle que nous avons à la table même du Seigneur! En célébrant que nous sommes invités de fait à la table même de Dieu sans conditions, nous pouvons revivre notre enfance: malgré nos bêtises, nous pouvions être grondés, mais notre place à la table de famille n'était jamais remis en cause. C'est cette place inconditionnelle, inconsciente dans le coeur de nos parents qui nous a permis de grandir et de nous épanouir... c'est tout simplement ce que nous rappelle Cyprien. Permettez moi, de la faire mienne et d'oser vous dire, à vous qui êtes tentés de vivre une spiritualité sans les autres ou sans Dieu, sans rite ou hors de l'Eglise, qu' au coeur de notre Eglise, nous célébrons justement tout notre place. il n'y a plus de conditions d'obtention. il n'y a qu'à prendre le temps de rendre célèbre cette place déjà acquise et qui peut nous faire vivre. Et si l'on regarde toute l'énergie dépensée à nous faire une place: vous imaginez bien qu'en la libérant, on ouvre enfin tout l'espace nécessaire à vivre nos projets, à goûter ce bonheur qu'on appelle le Royaume...
par de Foucauld publié dans : méditations
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Lundi 18 septembre 2006
le 1er octobre : l'Eglise catholique nous propose une journée d’ouverture au Judaïsme... comment comprendre une telle démarche? Nos parents nous ont donné la vie, mais peut être plus encore leurs paroles, à travers leurs mots, leurs regards posés sur nous au berceau, dans le bain. En les écoutant, nous avons pu nous-mêmes alors prendre la parole et vivre. Comme Adam a pu parler lui aussi parce que Dieu lui-même lui a parlé… Il ne s’agit donc pas de découvrir le judaïsme, comme dans ces « open-Shabbats » que certains jeunes juifs parisiens organisent pour leurs amis non-juifs. Il s’agit, en choisissant de réécouter cette parole, de combler ce vide, ce trou béant que de part et d’autre nous avons creusé dans l’histoire entre Chrétiens et Juifs. A l’image de certains enfants, qui recherchent inlassablement leurs racines, les mots d’un père absent… Il nous faut remonter aux racines de la parole de Dieu que les Juifs, nos frères aînés, portent dans leurs traditions et leur histoire. Une invitation discrète à réaliser que nos racines juives sont peut-être ce que nous avons de plus beau, de plus cher et de plus vrai sur cette terre. Car ils portent ces mots même de l’histoire de notre salut. « Quand Israël était enfant, Je l’ai aimé ; d’Egypte, J’ai appelé mon fils. Mais plus Je les appelais, plus ils se sont détournés… C’était moi, pourtant qui apprenais à marcher à Ephraïm. Je les prenais dans mes bras, mais ils ne voyaient pas que je prenais soin d’eux. Je les menais avec des liens humains, des liens d’amour… Mon cœur se fond en moi, Je suis ému au plus profond de moi-même. » (Osée 11) Jean Paul II dira lui-même : « Il s’agit de faire en sorte que la religion juive ne soit plus extrinsèque, mais qu’elle devienne intrinsèque à notre religion. » Bon dimanche à tous...
par Pere de Foucauld publié dans : éditos
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Dimanche 22 janvier 2006
Et si l’unité des chrétiens se passait aujourd’hui au bord d’un lac ! Décidément l’évangile du jour m’étonne encore: Quand vous jetez des filets dans un lac et qu’un homme vous appelle du bord du rivage, non seulement il y a peu de chances que vous l’entendiez; mais que vous quittiez tout pour le rejoindre aussitôt, cela semble irréalisable! (cf l’évangile de Marc 1,14). Et pourtant, c’est ce qui se passe! Puisqu’on est sur un lac, laissons un marin qui m’est cher, Olivier de Kersauson, nous le commenter. Enfant, il dévorait ces récits de navigateurs solitaires, qui au milieu d’une nuit, entendent une voix intérieure afin qu’il se réveillent tout de suite pour éviter un danger fatal. Olivier de Kersauson ne croit ni au hasard, ni aux miracles… Il évoque plutôt, je le cite: “une capacité de perception occultée chez l’homme que l’on retrouve en mer... Alors nous recevons ce cadeau colossal, quelque chose qui n’a pas de limite, que malhabilement j’appelle “le souffle du monde”. Notre marin, devient avec ces quelques mots, un prédicateur de cet inconscient de Dieu que nous portons, comme ces disciples au bord du lac, qui peuvent alors entendre un appel de Jésus. Cet appel à l’unité des chrétiens sommeille en nous mais nous apparait encore trop souvent comme un sommet infranchissable. Il nous invite à sortir de nos débats, à retrouver ces lieux privilégiés où l’on peut entendre cet appel intérieur que nous occultons trop souvent. Et si nous partions en mer ce week-end ?! Père François de Foucauld
par Pere de Foucauld publié dans : éditos
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Mardi 14 juin 2005
« Ce sera le dernier jour…» Dans le désarroi de sa captivité, où la simple vie quotidienne devient un enfer, Florence Aubenas n’est plus qu’une otage parmi d’autres, réduite à survivre. Son geôlier la ramène au néant, lui retirant toute humanité. Il finira même par lui dire : « tu es nulle comme otage, on ne parle même pas de toi à la télévision… ! ». Dans le noir, son prénom s’éteint peu à peu La voici pliée en deux dans sa cave minuscule, les mains liées. Pourtant, par un sourire le matin qu’elle choisit de laisser paraître ou non, un mot échangé sur ce qu’elle ressent… elle rétablit un semblant de relation avec son geôlier. Et puis son comité de soutien remuera ciel et terre pour que son visage ne soit pas oublié. Ses amis vont se battre pour que ce qu’elle a d’unique en elle puisse vivre encore… Ses ravisseurs réalisent qu’ils n’ont pas rien en leurs mains, mais une femme, Florence. Enfin, c’est du fond de son être qu’elle puise sa force chaque jour. « Aujourd’hui, ce sera mon dernier jour de captivité… ». Quelques mots fragiles dans l’enfer, mais qui deviennent un credo pour tous ceux qui ne voient plus le bout du tunnel dans leur existence. Cette espérance n’est pas une « méthode coué » apprise aux journalistes dans les pays à risque ou prêchée aux chrétiens en mal de vivre. Mais une foi qui la tient debout. Elle croit vaille que vaille que l’enfer ne peut avoir le dernier mot. C’est une journaliste qui dans sa chair nous témoigne que la vie fragile est plus forte que l’oppression la plus brutale. Que la violence d’un ravisseur, d’une maladie, d’une solitude ne peut atteindre ce territoire secret en nous où demeure l’Eternel. C’est une journaliste qui nous invite à entendre ces paroles de Jésus dans notre évangile dimanche : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme ». Merci Libé ! Merci Florence ! Père François de Foucauld
par Pere de Foucauld publié dans : éditos
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Mardi 19 avril 2005
A l’heure de la clim’, le monde entier était rivé mardi soir sur le conduit d’une petite cheminée bien rustique, dégageant une légère fumée blanche. Rustique ? Pas tant que ça ! Certains prétendent que nos cardinaux avaient prévu un canon à fumigènes, pour éviter tout risque d’une fumée incertaine… Et puis ce fut l’attente… Jeunes et vieux, hommes et femmes, croyants ou non de tous les continents, rassemblés autour de l'attente d’un visage et de la fameuse formule "Habemus Papam" Le Cardinal Ratzinger nous est présenté uniquement comme une continuité traditionnelle de Jean Paul II, celui que les journalistes appelaient « le curé du monde »… Mais le vieil homme, pourrait avoir un cœur de pasteur plus jeune qu’on le croit et oser nous dire, non plus en latin : « Vous AVEZ un pape », mais avec ces mots secrets d’un père « Vous ÊTES le visage de l’Eglise » Ce nouveau visage, au regard aimant, nous appelle déjà à être chacun un visage d’Humanité et de paix pour notre monde… L’ancien « docteur de la foi catholique » a défendu la tête de l’Eglise… le nouveau pape pourrait bien défendre son visage ! Père François de Foucauld
par Pere de Foucauld publié dans : éditos
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